Le thé japonais -partie 1-

Au Japon, le thé est une boisson d’une grande popularité comme le vin en France. Les Japonais en boivent chez eux après le repas ou au moment où ils veulent se détendre un peu. Les cinq genres principaux de thé japonais sont le sencha (煎茶), le matcha (抹茶), le hôjicha (ほうじ茶), le gyokuro (玉露) et le genmai-cha (玄米茶). La plupart des thés japonais se font par infusion dans l’eau chaude mais pas bouillante car elle altère leurs goûts et arômes très fins.

Le sencha est le thé vert classique et il couvre 80 % de la production du thé japonais. Le matcha est le thé en poudre, qui est souvent utilisé pour la cérémonie du thé, chanoyu (茶の湯). Le hôjicha, appelé aussi bancha (番茶), est le thé torréfié. Celui-ci comprend plus de tanin mais moins de caféine que le sencha, et on peut en boire juste avant de dormir. Le gyokuro est le premier cru du thé vert et sa méthode de culture, créée à Uji (宇治) dans la préfecture de Kyoto dans la première moitié du XIXème siècle, demande beaucoup d’efforts : au printemps, deux semaines avant le bourgeonnement, les arbres sont placés sous des voiles noirs pour réduire de 90% l’exposition aux rayons du soleil. Cette étape permet d’augmenter la douceur et d’atténuer l’amertume du thé. Seules les jeunes pousses ramassées à la main au début du printemps peuvent porter l’appellation de gyokuro. Ces feuilles sont ensuite étuvées, séchées et réduites en poudre, donc le matcha contient beaucoup de nutriments. Le genmai-cha est le mélange de feuilles de thé et de genmai (riz complet) torréfiés. Il a un arôme particulier et facilite la décomposition de mets gras. Continuer la lecture de « Le thé japonais -partie 1- »

Le thé japonais -partie 2-

Pour parvenir à la maison de thé, les pas japonais sont mis délibérément de façon irrégulière et c’est une idée du zen : elles permettent de se concentrer spirituellement, en faisant prendre garde de ne pas faire un faux pas. Ainsi, on s’approche à pied en contemplant le jardin, qui a pour rôle de nous faire oublier la vie quotidienne et de nous introduire dans le monde spirituel (n’oubliez pas de mettre des chaussettes le jour où vous entrez dans une maison japonaise).

À l’origine, le thé fut apporté au Japon de Chine entre le huitième et le neuvième siècle par les moines qui en buvaient comme médicament ou pour rester éveillés durant leur méditation. L’habitude de boire du thé fut désormais répandue dans les classes supérieures comme la famille impériale, les aristocrates et les savants. Le maître du thé du XVIème siècle, Sen-no-Rikyu (千利休. 1522-1591), généralisa le thé dans les classes populaires. Il établit l’importance de la sobriété dans la cérémonie, en anéantissant la conscience de classe. En conséquence, il lui fut ordonné de se faire seppuku, la peine capitale japonaise consistant à s’ouvrir le ventre soi-même, car il s’attira la colère du shogun de Continuer la lecture de « Le thé japonais -partie 2- »