La rivière Uji (Kyoto)

À 10 km au sud-est de la ville, il y a un site pittoresque qui fascine les visiteurs depuis le moyen âge : Uji. Sa rivière qui prend sa source au lac Biwa, le plus grand lac du Japon, donne un panorama magnifique sur les montagnes brumeuses. Vous ne devez pas manquer le sanctuaire Ujigami, la plus ancienne construction shintoïste datant des années 1060 ainsi que le temple Byodo-in, un pavillon considéré comme une représentation du paradis, figurant sur une des faces de la pièce de 10 yens. De plus, le thé de la ville d'Uji est le plus renommé du Japon car les shoguns d'autrefois buvaient son thé en poudre « matcha ». Le site a également donné naissance au procédé de fabrication du thé « sencha », consommé quotidiennement.

Accès à Uji : Prenez la ligne JR à la gare de Kyoto vers Uji et Nara (quai 8 à 10) et descendez à Uji (17 min. en train rapide). Ou prenez la ligne Keihan et changez à la station  Chushojima puis prenez la correspondance pour la ligne Uji.

Cette année, la soirée du feu d'artifice d'Uji a lieu le mercredi 10 août !

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La guerre et les Japonais, 60 ans après l’indépendance

Le 18 mai 2012, la réunion sur le bombardement d'Uma-machi (馬町爆撃を語ろう会) s'est déroulée à Kyoto, soixante ans après la Seconde Guerre mondiale. Où est Uma-machi ? C'est le quartier qui se situe en bas du temple Kiyomizu (清水寺), le temple le plus visité de Kyoto pour son paysage magnifique visible depuis la terrasse. Certains guides mentionnent que la ville de Kyoto n’a jamais été pilonnée, mais elle a subi une vingtaine de bombardements aériens qui ont tué au moins trois cents personnes. Le quartier en question a été attaqué la nuit du 16 janvier 1945. 140 immeubles ont été endommagés et plus de 90 personnes ont été tuées ou blessées. A cause du silence sur ces événements, ces vérités sont malheureusement peu connues des touristes qui visitent Kyoto.

 

Mon oncle se souvient que le ciel était rouge. Il a d'abord pensé au soleil couchant, mais c'était vers le sud en direction d'Osaka qui était en train de brûler. Alors que Kyoto n'était pas la cible officielle des B-29, certains avions y ont largué, lors du retour vers leur porte-avions, les bombes qu'ils n'avaient pas utilisées.

 

A Kyoto, pour limiter la propagation des incendies dues aux bombes, de nombreuses maisons de bois ont été détruites et leurs habitants forcés d'évacuer. Après la guerre, les habitants ont fait beaucoup d’efforts pour protéger les quartiers traditionnels contre l’urbanisation. C'est à cause de ces mesures de préservation que les avenues Gojo, Oike et Horikawa sont aujourd'hui plus larges qu'elles ne l'étaient à l'époque de l'ancienne capitale.

 

Ces actions de démolitions se sont répandues dans l'archipel pour prévenir les incendies, mais, ironiquement elles ont plutôt été préjudiciables à certains endroits. A Hiroshima, on estime que ces actions, en concentrant les habitants de banlieue en centre-ville pour détruire des maisons, ont doublé le nombre de victimes de la bombe atomique.

 

Mon grand-père paternel avait été envoyé en Chine. Après la guerre, il fut détenu en Sibérie, interné dans un camp de travail et contraint à des travaux épuisants, comme la construction d’une voie ferrée ou de maisons. Il était prisonnier avec une dizaine de camarades de régiment mais, l’un après l’autre, ils sont tous morts à cause du froid de l'hiver, de la dureté des travaux et des mauvaises conditions de captivité. Mon grand-père a voulu rapporter au Japon un souvenir d’eux. Mais il n’y avait rien car l’armée soviétique avait confisqué leurs armes et leurs affaires. Alors, mon grand-père a décidé d’arracher avec un bouton d’uniforme les ongles de ses amis morts et de les conserver pour les rapporter.

 

Il a été rapatrié en bateau deux ans plus tard. À son retour au port Maizuru (舞鶴, nord de Kyoto), on lui a donné pour toute récompense une canette de dentifrice en poudre. Il a rendu visite aux familles de ses amis morts en Sibérie pour s’excuser de ne pas avoir pu les ramener vivants avec lui.

Voir aussi partie 2, partie 3 et Concours de discours de français

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Quelle est la meilleure saison pour voyager au Japon ?

四季ブログ用

Les quatre saisons sont clairement distinctes et leurs charmes différents. Du fait de sa forme allongée dans le sens nord-sud, le Japon présente des climats et températures très variables entre Hokkaido (北海道) et Okinawa (沖縄). Quelle est la période la plus agréable pour voyager dans l'archipel nippon (日本列島) ? A quelles fêtes saisonnières pouvez-vous assister ? Si vous souhaitez visiter le Japon et que vous avez la possibilité de prendre des vacances à tout moment de l'année, déterminez votre période de voyage en vous aidant des conseils ci-dessous.

 

Période calme ou période touristique ?

Quelle est vraiment la meilleure saison pour visiter le Japon ? Les cerisiers au printemps et les érables à l'automne sont magnifiques et attirent de nombreux touristes chaque année. Si vous souhaitez les voir, les cerisiers s’épanouissent à partir de fin mars et les érables rougissent à partir de mi-novembre. Ce sont cependant à ces deux saisons que les touristes affluent. Il devient par conséquent difficile de réserver des places de shinkansen et des chambres d’hôtel à moins de s'y prendre très tôt à l'avance, c'est-à-dire 3 à 6 mois avant votre voyage. Par ailleurs, il faut savoir que les écoliers, collégiens et lycéens font des voyages scolaires ou shugaku-ryokō. Ils se déplacent en grands groupes et envahissent les temples, dont Tōdai-ji à Nara et Kiyomizu-dera à Kyoto. Il vaut donc mieux éviter les périodes d'affluence pour visiter les lieux touristiques. Si, pour des raisons professionnelles ou familiales, vous ne pouvez prendre de congés qu'en ces saisons, découvrez plutôt les jardins secrets de Kyoto ou les destinations en dehors des itinéraires classiquement recommandés par les agences de tourisme, (ex. Tokyo-Nikko-Hakone-Kyoto-Tokyo). Si vous pouvez prendre vos congés librement, n’hésitez pas à planifier votre voyage en janvier, février, début mars, fin mai, juin, début juillet ou décembre. Pourquoi ? Voyons ensemble les avantages et inconvénients de chacun de ces mois.

 

Janvier  Février  Mars  Avril  Mai  Juin  Juillet  Août  Septembre  Octobre

Novembre  Décembre

Itinéraire original : Miyama, un hameau convivial

Je suis convaincu que le charme de ce hameau peut inspirer de la nostalgie à tous les voyageurs. Miyama (美山), littéralement « belle montagne », est situé dans la ville Nantan, au milieu de la préfecture de Kyoto. Environ cinq mille habitants y vivent. Entouré des monts Mikuni-dake (三国岳), Zukin-yama (頭巾山) et Choro-yama (長老山), entre 800 et 900m d’altitude, le vallon verdoyant appartient à la Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager (伝統的建造物群保存地区). Son paysage est pittoresque avec près de 250 chaumières traditionnelles.

 

Si vous participez à cette excursion, nous prendrons le train jusqu’à Sonobe puis le bus pour lequel je réserverai des places après votre inscription. Comme la voie ferroviaire ne va pas vers Miyama, le bus est le seul moyen d'y accéder.

 

À mesure que le bus progresse, un splendide panorama s’ouvre devant nos yeux. Couvrant 95% des terres, les conifères et les feuillus ressemblent à la Provence française. Des enfants s’amusent souvent au bord de la rivière Yura (由良川) dont les flots scintillent sous le soleil. Après une heure de trajet, nous parvenons à un hameau caractérisé par ses arbres élagués à leur base, ses terres labourées et une quarantaine de maisons aux toits de chaume.

 

Je vous conseille de déjeuner à Kajikaso, un restaurant proposant différents gibiers dans l’aire de repos Shizen bunka mura (lit. Village aux cultures naturelles). Le plat de daim pané à 1 300 yens est excellent.

 

 

À la sortie du restaurant, vous pouvez aller cueillir quelques pommes, 600 yens le kilo. Une gentille dame vous montrera comment saisir les fruits. Les pommes de son jardin sont juteuses et savoureuses.

 

Ensuite, nous pourrons visiter Kayabuki-no-sato, quartier des maisons aux toits de chaume. Chaque structure porte un grand faîtage et le blason familial est inséré au centre de la façade latérale. Construites en matériaux naturels, la plupart des habitations sont alignées d’est en ouest, parallèlement à la rivière. En marchant, vous aurez l’impression que les gens vivent ici en symbiose avec la nature.

 

L'histoire de ce hameau est contée à la maison des archives dont le sol est couvert de tatami. Une vieille dame nous y accueille chaleureusement.

 

Le grenier et ses outils agricoles rappellent le labeur des paysans.

 

Sur le chemin du retour, le bus s'arrête à Michino-eki, aire de services avec boutiques de souvenirs. Pudding, chou à la crème, glace, sont tous produits avec le lait des fermes environnantes.

 

Le soir, le soleil éclaire l’autre face du hameau. Le paysage qui nous est offert change ainsi à chaque moment de la journée. Personne ne pourrait résumer en un mot ses charmes. Alors pourquoi ne pas visiter Miyama, un hameau ignoré loin du centre-ville de Kyoto ?

 

Budget nécessaire à part le tarif de guide : bus, 2 000 yens l’aller-retour

 

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