Shintoisme

Les deux religions principales du Japon sont le shintoïsme (神道) et le bouddhisme (仏教). Le shintoïsme est polythéiste et animiste, tandis que le bouddhisme est en général considéré comme une philosophie athée. Dans ce premier, il existe huit millions de divinités, dites Yao-yorozu-no-Kami (八百万の神), qui résident dans la nature ou dans les éléments naturels. Le shintoïsme ressemble donc aux religions indigènes des Indiens ou des Aborigènes d’Australie. Ce n’est pas une religion révélée car elle ne fut pas créée par une personne suite à une révélation divine, à une époque précise. Elle ne s’appuie pas sur des écrits saints et a évolué avec le peuple japonais. C’est pourquoi l’origine du shintoïsme n’est pas exactement élucidée.

Par rapport aux Européens, les Japonais sont souvent plus libre au niveau de la religion. Le shintoïsme marque les étapes importante dans la vie : naissance, études, travail et mariage. Ce culte joue un rôle important au Japon pour apporter la chance ou le succès. Les agriculteurs font leurs vœux pour une bonne récolte et la plupart des Japonais vont au sanctuaire pour le Nouvel an. Suivant les rites de cette religion, ils sont shintoïstes. Cependant, cela dépend des personnes et de leur degré de croyance.

Les Japonais sont la plupart du temps à la fois respectueux des innombrables divinités qui peuplent leur univers et fidèles à l’enseignement de Bouddha. Par conséquent, ils se marient shintoïstes mais ils meurent bouddhistes. Le shintoïsme et le bouddhisme ne sont que les troncs d’où partent une multitude d’écoles d’importance variable.

Le shintoïsme est divisé en deux grands groupes : le shinto impérial et le shinto folklorique. Le premier doit son origine au clan Yamato (大和) et à la nation japonaise. Le second est basé sur les traditions et les festivals locaux qui sont reliés à la moisson du riz.

Au premier stade de l’antiquité, le sanctuaire, jinja (神社) en japonais, était un espace sacré dans une forêt. Il était encadré et protégé par des cordes de paille, shimenawa (注連縄) : les cordes horizontales représentaient les nuages, les cordes verticales la pluie et les papiers en zigzag, les éclairs. Actuellement, le jinja est composé d’un ou plusieurs torii (鳥居, sorte de porte entre le sacré et le profane), et de ses constructions : le haiden (拝殿) est un oratoire accessible au publique généralment construit devant le honden (本殿),  le sanctuaire principal.

Le shintoïsme donne de l’importance à la pureté. Le bassin installé à l’entrée s’appelle tsukubai (蹲) et sert à se purifier les mains : avant d’entrer, les visiteurs prennent un puisoir pour se laver d’abord la main gauche, puis la main droite et la bouche (ce n’est pas la peine de se gargariser ou d’en boire). N’oubliez pas de laver le puisoir pour le suivant. Cette purification n’est pas toujours obligatoire.

Au Japon, les monuments religieux accueillent les voyageurs sans distinction de foi. Essayez de prier devant le haiden : inclinez la tête deux fois, tapez dans les mains deux fois et inclinez la tête une fois. Cette manière s’appelle Nirei-nihakushu-ichirei (二礼二拍手一礼, ni=deux, rei=incliner la tête, hakushu=taper dans les mains, ichi=un) et est commune à presque tous les sanctuaires du Japon. Les Japonais se rendent aux sanctuaires pour honorer les dieux, même s’ils n’ont pas de raison particulière d’y aller. Une pièce de cinq yens est nécessaire car ‘cinq yens’ a la même prononciation que ‘go-yen’, qui signifie ‘bonne relation’ (go = cinq, ou préfixe de politesse et yen = rapport, relation).

Une des plus grandes préoccupations aux sanctuaires est de savoir son destin en essayant une divination omikuji (おみくじ) et d’améliorer son futur en priant et en achetant un petit porte-bonheur omamori (お守り). Superstitieux, les Japonais cherchent leur amulette parmi beaucoup de choix : pour un accouchement facile, les études, la longévité, écarter un malheur, la santé ou l’argent. Ils en achètent comme souvenir de voyage ou bien en cadeau pour leurs familles ou amis pour témoigner de leur prévenance. Ils vont parfois dans un sanctuaire particulier pour faire un vœu certain précis et se procurer un talisman spécial. Il ne faut jamais ouvrir les omamori car un dieu est enchâssé à l’intérieur. Pour les Japonais, les dieux peuvent être ressentis mais ne sont pas visibles.

Vous trouverez souvent un placard indiquant les âges de 25, 42 et 61 ans pour les hommes ainsi que 19, 33 et 37 ans pour les femmes. Ce sont les années climatériques au Japon. Il est possible d’exorciser un mal en visitant les sanctuaires.

Guide of Kyoto