Le temple Tenryuji 天龍寺

Le temple Tenryuji (天龍寺) est le numéro un des temples zen de Kyoto. Au XIVème siècle, le shogun Ashikaga Takauji rivalise avec l’Empereur Godaigo. Ils ambitionnent de créer un nouveau gouvernement mais leurs opinions s’opposent. Takauji chasse hors de Kyoto l’Empereur Godaigo, qui décède dans la montagne, au sud.

Autrefois on considérait que si les personnes importantes mouraient misérablement, cela provoquerait un tremblement de terre ou une catastrophe. Donc, pour honorer l’âme de l’Empereur, Takauji fit construire ce temple. Le nom du temple, Tenryuji, qui veut dire « temple du dragon dans le ciel » (ten : ciel, ryu : dragon, ji : temple), fut choisi parce que Tadayoshi, le frère de Takauji, rêva qu’un dragon d’or montait dans le ciel.

Pour information, Ashikaga Takauji est le premier shogun du clan Ashikaga et son petit-fils Yoshimitsu, troisième shogun d’Ashikaga, fit construire le Temple Kinkakuji (Pavillon d’or).

Le jardin du Tenryuji fut réalisé par le bonze-jardinier Muso Soseki. On dit que c’est le premier modèle de jardin « shakkei », mariage entre le jardin et la nature environnante. La première syllabe « sha » veut dire « emprunter » et « kei » veut dire « paysage ». Le shakkei est donc un style qui intègre le paysage dans le jardin en un ensemble harmonieux.

Ici, trois montagnes s’insèrent au jardin en arrière-plan : Arashiyama, Kameyama et Ogurayama. Le bâtiment du Tenryuji a été incendié une dizaine de fois, mais son jardin a conservé son aspect d’il y a 700 ans. Ce jardin est un véritable mariage de la culture aristocratique et du zen.

Muso Soseki avait déjà 71 ans quand il a fini ce jardin. Il disait que la valeur des jardins ne dépend pas de ses rivières ni de ses montagnes mais de son âme (voir « Visiter un Temple Zen »).

Le jardin japonais est vraiment intéressant car il présente des éléments qui interpellent les visiteurs. Ici par exemple, au fond de l’étang où nagent les carpes, vous pourrez apercevoir un assemblage de roches. Il représente une cascade sans eau. Selon une légende chinoise, si une carpe parvient à remonter la cascade, elle peut devenir un dragon. Cependant il est difficile pour les poissons de la grimper. Cela veut dire qu’il faut faire des efforts pour franchir un obstacle et dépasser les difficultés de la vie pour grandir.

Si vous visitez ce temple le week-end ou un jour férié, vous pourrez regarder la fresque du dragon Unryu-zu au plafond.

Au Japon, le dragon représente le dieu de l’eau. Il peut protéger les bâtiments du feu en apportant la pluie. Autrefois, les incendies représentaient un grave problème à Kyoto où les nombreuses maisons en bois étaient très serrées. Le dragon est donc considéré comme un dieu protecteur depuis longtemps surtout dans l’école du bouddhisme zen.

Ce tableau mesure 10,6m sur 12,6m et le tarif d’entrée est de 500 yens (en supplément du tarif d’entrée du jardin). Ce dragon vous suit du regard quand vous changez de place, c’est pourquoi il est surnommé « Happo nirami no ryu » (dragon qui observe les huit directions).

Dans le jardin, vous trouverez un grand outil de calligraphie qui s’appelle « suzuri ». Cet objet est très honoré car on dit que l’on pourra faire des progrès en calligraphie si on prie ici. Le fameux tableau du dragon a été peint avec ce grand suzuri. Cet outil est utilisé pour faire de l’encre. On met de l’eau dans la partie creuse et on y frotte un bâtonnet d’encre. Tous les enfants japonais apprennent la calligraphie à l’école. Elle est non seulement un moyen d’écrire mais aussi une façon d’exprimer la beauté et la profondeur du cœur.